Mots en liberté

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Les Farfadets

(roman)

Les FARFADETS

Roman (240 pages)

Genre : policier

Auteur : Gérard de l’Extrême

Édition : la Safranière.

ISBN : 978-2-919484-06-5

 

Prix de vente : 10€

(Port 3.50 €)

 

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 RÉSUMÉ

 

À peine sortie d’une enfance douloureuse, Pierre-Etienne sombre dans la débauche d’un Paris excessif aux folles nuits. Sa rencontre avec Jérémie, dont il tombe profondément amoureux, l’entraîne dans le banditisme de quartier.

Rapidement, il se plaît dans le rôle de petit voyou. Son intuition et ses qualités, associées à une jalousie et une envie de vengeance, lui permettront de devenir prodigieusement efficace.

Par passion, il prend la tête d’une vengeance qui le conduira à réaliser le plus prodigieux casse réussi en France.

Après avoir éliminé toutes ses adversaires et assouvi sa vengeance, il s’enfuira avec son ami d’enfance sur une île déserte.

 

Entretien avec l’auteur :

 

Pourquoi un roman policier ?

Ce n'est effectivement pas un genre qui me passionne, mais, comme je suis curieux de nature, j'ai accepté le challenge ; les lecteurs apprécieront.

 

Pourquoi avoir abordé ce sujet ?

J’avais envie de me mettre dans la peau d'un personnage ambigu et de voir jusqu'à quel point j'étais capable de le comprendre, et de le pousser au bout de sa logique.

 

La morale de cette histoire est-elle acceptable ?

Peut-être pas, mais au fond, celle des politiques et des hommes de pouvoir valent-elles mieux ? C'est une vraie question.

 

Il se dit que vous écririez un autre policier, est-ce vrai ?

C'est vrai ! Mais cette fois, le coupable sera parfait.

 

 

 Quelques extraits :

 

 

Chapitre 2

 

Rencontre

 

 

                   Les premières rencontres arrivèrent au hasard de ses déambulations. Jérémie, devenu bien plus tard son compagnon fidèle, l’aborda dans un parc par un bel après-midi ensoleillé. Face à la Seine, alors qu’il suivait du regard un bateau-mouche sans pour autant le voir, il sentit la main d’un inconnu se poser sur son épaule. Un frisson lui parcourut le dos et, par instinct, il se figea. Il pensa si fort que c’était sa mère qui le cherchait que, lorsqu’il aperçut le faciès souriant du jeune homme qui le regardait, il grimaça.

                   – Excusez-moi ! lui dit Jérémie ; je vous ai pris pour un de mes amis.

                  Pierre-Étienne dévisagea avec étonnement la personne qui venait de l’aborder. Il trouva dans son regard énormément de tendresse et dans sa voix la clarté de sa jeunesse. Les cheveux mi-longs et bouclés lui donnaient l’apparence d’un ange. Sa peau claire, où brillait au soleil un léger duvet juvénile, dénonçait son impuberté. La fraîcheur de ses lèvres légèrement pulpeuses et roses le fascina au point qu’il ne l’entendit pas lui demander l’heure.

                 Cette rencontre improbable le troubla si intensément qu’il fut incapable de quitter des yeux cette bouche qui, à chaque mouvement, laissait percevoir une dentition d’une blancheur attirante.

                   – Auriez-vous l’heure ? Insista Jérémie.

N’ayant pas de réponse, il scruta ce curieux personnage. Il découvrit tant de tristesse dans son regard, tant de désarroi et d’égarement, qu’il prit pitié de lui.

                   – Êtes-vous indisposé ? Souhaitez-vous de l’aide ?

                   Pierre-Étienne ne lui répondit pas. Il préféra hausser les épaules et baisserla tête. Dansson attitude inexplicable, Jérémie trouva la certitude qu’il allait réaliser une bêtise suicidaire. Il ne devinait pas laquelle : cependant, d’une nature généreuse, il s’engagea à ne pas abandonner ce garçon désespéré.

                      Devant son miroir, il n’était pas capable de se remémorer dans le détail, comment s’était déroulée la rencontre ; qui avait pris l’initiative et qui s’était imposé à l’autre ? La seule chose dont il se souvenait, c’était qu’ils s’étaient revus rapidement. Ni l’un ni l’autre ne savaient qui des deux était celui qui le souhaitait le plus, mais cela présentait si peu d’importance. L’essentiel était que, de ce jour, débutât la glissade dans les culs de basses-fosses du château des interdits. Cet ange cette apparition appartenait au monde des damnés.

                       Endiablé, Jérémie détenait les pouvoirs subliminaux de soumettre les plus rebelles à la cause de ses ambitions et de ses projets de mauvaise vie. Avec Pierre-Étienne, sa nouvelle conquête, il trouvait que sa soumission lui semblait si aisée qu’il s’en inquiéta. Pourtant, plus tard, de plus en plus pervers, associés par les mêmes motivations, ils entreprirent une relation si soudée, qu’ils ébauchèrent les folies qui les engageront, à la vie, à la mort.

 

 

Extrait 2

 

 

                     Claudine avait été mise en camisole et transportée, roulée dans un tapis, à l’intérieur d’une fourgonnette. Ceux qui avaient fait cela n’avaient pas été tendres avec elle. Ils l’avaient frappée au visage, lui avaient tordu un bras si fortement qu’elle s’était luxé le coude. Finalement, elle fut bâillonnée pour qu’elle cessât de leur casser les oreilles, ils l’avaient jetée sans ménagement au sol avant de la rouler dans le tapis d’Orient. Quand son corps meurtri, parachuté dans le fourgon, avait rencontré le plancher de la caisse de la voiture, le choc à la tête avait été si violent, qu’elle s’était évanouie. Lorsque le professeur Maboule – c’était son nom dans le réseau de trafic d’organes – reçut son colis, il était fou de joie. Il lui était de plus en plus difficile d’avoir des cadavres frais pour extraire les produits qu’il vendait un bon prix avec l’aide de sa sœur. En déballant la marchandise, il sourit lorsqu’il découvrit que son colis était une femme jeune, et bien que morte, encore appétissante. Avec méthode, il la déshabilla et la porta sur la table de dissection en faïence blanche. Sous le projecteur, tous les indices confirmaient que la mort était récente et qu’une si belle personne devait avoir des organes en parfaite santé. Il devait faire vite, le corps était encore chaud. Il alla préparer les glacières qui serviraient à protégerla marchandise. Deson bureau, il téléphona à celui qui viendrait récupérer les organes lorsqu’ils seraient prêts à être livrés. Après avoir passé sa combinaison en latex, il se dirigea vers la salle de dissection.

                    – Ah ! Merde ! Vous n’êtes pas morte ?

                    – Au secours ! hurla-t-elle en se jetant au sol et en rampant comme une bête traquée dans un des coins de la salle.

                    – Calmez-vous ! Je ne vous ferai aucun mal ! Venez, je vais vous soigner !

                    – Non, laissez-moi ! dit-elle avant d’avoir des spasmes et des pleurs incontrôlables.

                    La surprise passée, l’homme se précipita à nouveau dans son bureau espérant que celui qui devait venir n’était pas déjà en route. La chance voulut qu’il pût le prévenir à temps. Lorsqu’il revint chercher Claudine, elle était toujours prostrée dans son coin. Le pauvre homme dut faire preuve de patience et de tact pour qu’elle acceptât enfin qu’il s’approchât d’elle. Sa tête lui faisait horriblement mal et sa vision était trouble. Son oreille droite saignait. Elle ne souffrait pourtant pas de son bras qui avait gonflé. Le pauvre homme n’aurait jamais imaginé qu’on lui livrât une personne en vie, jamais ! Que pouvait-il entreprendre ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Il ne pouvait pas la laisser repartir, car elle irait immédiatement le dénoncer, de plus elle n’était pas en état ; elle devait se rendre à l’hôpital, mais c’était impossible. Il devait d’abord la soigner.

                  – J’ai peur, dit-elle

                  – Moi aussi, répondit-il.

                  – Pourquoi suis-je ici ? Qui êtes-vous ?

                  – Calmez-vous ; je vous soigne, vous mangez et vous irez vous reposer dans ma chambre.

                  – Je ne veux pas que vous me touchiez, je souhaite rentrer chez moi, vous m’entendez, chez moi ! hurla-t-elle.

                  – Oui, demain ! Vous n’êtes pas en état.

                  – Qui m’a mise dans cet état ? J’ai mal à la tête. Qu’est-ce que vous vouliez me faire sur la table ? Pourquoi suis-je chez vous ? Au secours ! À l’aide !

                  Claudine voyait bien que, dans le haricot qu’il tenait à la main, il y avait des pansements et du mercurochrome. Elle était tentée de se laisser soigner, mais elle voyait aussi la seringue dont il allait sûrement lui injecter le contenu.

                 – Qu’est-ce que c’est que cette seringue ? Un poison, voulez-vous me tuer ? Pourquoi ?

                 – Vous êtes folle ! C’est un anti-inflammatoire et un sédatif pour vous calmer.

...





27/03/2013

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