Mots en liberté

Mots en liberté

Lectures du 6 janvier 2018

LES MOTS DE LA MAIN

(Christian DROUAL)

 

Laisse parler ma main

En caresses inédites,

Ses doigts artisans divins

Évitent maladresses et redites…

 

Faut-il absolument des mots

Alors que l’éventail des doigts

Déplie des nuances en effleurant ta peau

La corde glisse et violonne ton dos

Sous l’archet perdu, aux abois.

 

Deux mains ‘’cent mots’’

Pour comprendre demain ?

Mieux qu’une voix sans tain

Elles assurent le paysage.

 

Laisse bégayer mes mains

Elles sont le seul visage

Du masque que tu connais si bien

Et l’éloquence d’un beau massage.

 

Puisque paroles s’envolent

Laisse se poser mes mains

Sur tes étendues d’épaules

Qui frissonnent sous les saules

Espérant de merveilleux lendemains.

 

Abandonnant les mots hésitants,

La tendresse niche aux creux de nos paumes,

Vibrante comme guitares d’un flamenco gitan

Rutilante de mille feux d’automne.

 

Même très beaux

Pourquoi autant de mots

Puisque parle très fort le destin

Par le silence de nos mains.


 

INVENTAIRE

(Christian DROUAL) 

 

Le stylo descendu de l’oreille,

J’aligne des chiffres, un inventaire,

Rien ne pourra venir me distraire

De classer ces merveilles pareilles…

 

Nous disions donc…

Une jambe, une seconde et deux pieds.

Si je n’me trompe cela fait quatre !

Un menton, un front, deux yeux, deux nez…

Erreur, n’est-ce pas, il n’y en a qu’un seul !

Et seul on est innombrable comme dans un puzzle,

N’allez pas croire que j’ai bu du Châteauneuf

Excusez du peu, mais j’en arrive à neuf.

Deux épaules aussi douces qu’éphélidées,

Deux petits seins fragiles comme pattes d’antilope.

J’en compte treize, vous me l’accorderez.

Un ventre, deux bras, deux fesses à peine usées,

J’en profite pour rajouter deux mains ‘’hop’’

Puis deux lèvres fraîches comme la rosée,

Un sexe, ne vous déplaise et un cœur très beau,

Beau, simplement beau comme un superbe cadeau

Tout simplement un  joli cœur,

Battant chamade et bonheur…

Je compte bien d’ailleurs ne pas m’enfermer au cloître

Cela fait tout bonnement vingt-quatre.

 

Je reporte le tout en haut de la colonne

Et retiens au-dessus, un cou très élégant,

Brandissant un fin minois craquant

Couvert de cheveux bouclés, que j’additionne.

 

Trente-deux dents, de quoi être ébloui,

Cachent un sourire qui dit oui.

Où en suis-je, je ne sais plus

Combien cela fait exactement

Je suis désolé, mon Dieu

Je suis carrément perdu,

Pourtant je ne peux faire mieux,

Le compte est bon, j’en suis certain.

Sans tarder, je reviendrai

Finir avec grand soin

La liste totale de cet inventaire,

Elle est trop belle, soyons discret,

Il est grand temps de se taire.


 

Une rencontre enchantée 

(Antoine Rivolsi)

 

Ce fut un matin de Noël que surgit un Elfe, car c'était vraiment la première fois que j'en voyais un. 

Puis, soudain, il engagea la conversation, il était courtois, c'était un personnage fort sympathique. 

Après cette rencontre en rentrant à la maison j'ai dit à mes parents que j'ai rencontré un Elfe, personne ne me croyait alors j'ai dit "j'ai vraiment vu un Elfe comme je vous vois !"

Ma mère me disait d'aller dans ma chambre, car les Elfes n'existent pas. Or moi je sais ce que j'ai vu : les Elfes existent. 

Les adultes ne croient pas à l'existence de ces créatures magiques, car ils oublient facilement leur âme d'enfant. 

J'avais une question qui me taraude dans la tête : où se cachait cet Elfe ? Puisque je ne le saurais jamais. 


 

Feuille morte

(Gérard de l'Extrême)

 

J’ai soulevé une feuille morte

Qui était tombée de mes livres

Il y avait dessous tout une sorte

De mots malades qui enivrent.

 

J’ai déchiré une feuille vierge

De mon cahier d’écriture sage.

Je l’ai, à la lueur d’un cierge,

Salie de mes mauvais présages.

 

Il y a dans les mots de violence

Du sang qui coule comme le fiel

Et donne malheur et souffrance

D’un ange endiablé venu du ciel.

 

J’ai soulevé une feuille morte

Qui était tombée de mon arbre

Il y avait sous elle une sorte

De vie froide comme le marbre.

 

J’ai arraché la feuille encor verte

Qui refusait de vouloir mourir

Je l’ai, à mon bel herbier offerte,

En la classant dans les martyrs.

 

J’ai marché au bruit des feuilles

Qui craquent sous mes pas lents

En refusant de faire leurs deuils

En espérant voir le printemps.

 

 



12/01/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 26 autres membres