Mots en liberté

Mots en liberté

Camélia

(roman)

 

CAMÉLIA

Roman (305 pages)

Auteur : Gérard de l’Extrême

Édition : la Safranière.

ISBN : 978-2-919484-01-0

 

Prix de vente : 15€

(Port 3.50 €)

 

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 RÉSUMÉ

 

Cette histoire troublante, est celle de Julien, un curieux personnage issu d’une très vieille famille charentaise, médecin rayé de l’ordre, écrivain d’occasion, rentier. À la cinquantaine, il se complaît dans une sorte de retraite anesthésiante dans sa maison de famille.

 

Une fille : Camélia le harcela et lui généra un profond trouble psychologique et la résurgence de son passé en s’invitant jusque dans son lit. Pour la fuir, il se rendit chez son petit frère à Cayenne, où il découvrit qu’une autre existence lui serait possible.

 

Sa rencontre avec Françoise, le libérera et l’entraînera à vivre une aventure aimante qui ressuscitera les pulsions amoureuses refrénées de son adolescence.

 

Entretien avec l’auteur :

 

En quoi ce roman est-il intéressant ?

Cette histoire est plus particulièrement une étude de caractère, où chacun, femme ou homme, dans certaines situations pourrait se reconnaître. Elle est bien évidemment imaginaire, mais elle aurait pu exister, les lecteurs apprécieront.

 

Pourquoi avoir abordé ce sujet ?

J’avais envie de me mettre dans la peau du personnage, de le comprendre, et de le sauver de son naufrage. Julien est tordu, faible et se laisse manipuler en conformité avec l’éducation stricte que lui avait imposée sa mère.

 

N’y a-t-il pas trop de confidences intimes ?

Peut-être, mais je ne pense pas, c’est même une bonne façon d’aborder le sujet. Je révèle ses fantasmes, ses pulsions, sa vision peu ordinaire de la relation avec les femmes. Et puis, Camélia est une fille qui se joue de lui avec un tel talent !

 

Finalement, l’histoire finit-elle assez bien ?

Au lecteur d’en juger. Pour ma part, je n’en suis pas certain, car il est fort à parier qu’avec ses enfants, il pourrait y avoir un conflit sérieux. Vous savez, l’oiseau est sorti de sa cage, mais il est prêt à y retourner.

 

Il se dit que vous écririez la suite de cette histoire, est-ce vrai ?

C'est vrai ! Mais je ne vous dirais rien de plus.

 

 

 Quelques extraits :

 

Chapitre 1

 

Rencontre.

 

  

Vous ne pouvez pas imaginer comme Julien appréciait d’être à la terrasse d’un café, le soleil dans les yeux : il sentait sa douce chaleur sur son front et rêvait du bronzage qu’il promettait dans l’été qui s’annonçait. Il était content de sortir de l’hiver et de la période des tempêtes océaniques du printemps. En chemisette, son pull sur les épaules, il ressemblait aux quelques touristes qui fréquentaient régulièrement Royan à toutes les périodes de l’année.

Il devait reconnaître que, bien qu’il ne fût pas riche, il n’était pas dans une situation économique qui le préoccupait. De toute évidence, il refusait d’avoir une vie organisée au point de venir chaque matin prendre un express à la terrasse d’un café, mais, de temps en temps, cela lui arrivait. Il était toujours étonné de voir très souvent les mêmes têtes ; pour autant, personne ne se parlait. Ceux qui l’entouraient vivaient tous dans une sorte de solitude, en communion avec les odeurs aromatiques du café, mêlées à celle de la fumée des cigarettes. À la terrasse, sous la tiédeur du soleil, chacun regardait dans une direction différente pour fuir, avec une adresse incroyable, le regard des autres. En dehors du bruit de la rue, des automobiles, qu'aurait-il pu dire : rien. Une personne par table, un silence par table… Pourquoi les gens ne se parlaient-ils plus ? N’avaient-ils plus rien à se dire ? Avaient-ils peur l’un de l’autre ? Étaient-ils timides ?

Bien qu’il fît un très beau temps et qu’il fût déjà neuf heures, la place Charles de Gaulle restait déserte. La femme assise devant lui était une très jeune femme absorbée par la lecture d’un magazine. Bien faite, bien parfumée, bien coiffée, elle portait une petite jupe qui couvrait assez mal ses belles jambes enveloppées d’un collant en résille noire aux arabesques éroti­ques. Des chaussures étroites et pointues, aux talons si hauts et si fins qu’ils étonnaient, torturaient ses pieds. Le visage de cette femme ne lui était pas inconnu. Il ne savait pas pourquoi, mais il pensait que c’était peut-être parce qu’elle ressem­blait aux filles d’ici, de la Charente-Maritime. Lorsque leurs regards se croisèrent, il ne dévia pas le sien. Il la contempla sans com­plexe ni gêne, droit dans les yeux. De face, elle lui paraissait encore plus radieuse, surtout quand elle lui souriait avec son air ingénu de jeune fille.

– Me regardiez-vous ? lui demanda-t-elle.

– Oui ! Cela ne vous dérange pas ?

– Non ! Vous avez un si beau regard !

– Merci.

Je peux vous dire que lorsqu’une femme lui disait cela, Julien commençait à avoir peur. Son sourire s’accentua et dévoila de belles dents blanches en lui dessinant une bouche encore plus pulpeuse.

– Je m’appelle Camélia ; et vous ?

– Moi, je m’appelle Julien.

– J’adore ce prénom ! Si j’ai un enfant, je l’appellerai Julien.

 ...

 

Extrait 2

 

 

... 

    Sans lui répondre, il rejoignit Ada pour la regarder jouer. Elle s’agitait beaucoup pour pianoter. Elle faisait cela pour compenser le manque de souplesse de ses mains. En fait, ses balancements semblaient lui servir de repères musicaux. Julien jouait trop mal pour oser lui faire la moindre remarque et il s’assit sur le sofa de cuir blanc. Elle ne l’avait pas entendu entrer et elle continuait à jouer sa partition. À chaque erreur qu’elle détectait, elle recommençait et recommençait. Fatiguée, elle re­ferma le couvercle et se leva. En se retournant, elle découvrit son spectateur.

 – Vous étiez là ?

 – Vous jouez bien ! Félicitations.

 – Nathalie joue mille fois mieux que moi.

 – Ah ! Tiendrait-elle cela de sa grand-mère ?

 – Oui, je sais, votre mère composait, jouait et chantait si bien ! J’espère que Nathalie aura sa voix.

 – Dites-moi, Camélia pourrait jouer pour moi ce soir ?

 – Qui est-ce ?

 – Nathalie.

 – Vous avez dit Camélia ! Qui est-ce ?

 – Je ne sais pas : un lapsus.

 – Oui, ce soir après le dîner, elle adore.

 – Où Camélia a-t-elle appris ? Excusez-moi, Nathalie.

    Cette fois, Julien n’avait pas su cacher son émotion et les femmes sentaient vite quand on leur mentait. Il lui raconta que Camélia était une demoiselle de l’âge de Nathalie qui lui ressemblait et que c’était la raison de sa confusion.

 – Et de qui est-elle la fille ?

 – D’amis ; je l’aide un peu pour le français.

 – C’est bien, et puis cela vous sort de votre solitude. Et le remariage ? Ce n’est pas d’actualité ?

 – Non, il faudrait que je trouve une femme comme vous, mais il n’y en a qu’une.

 Elle rougit et sourit de sa réflexion.

 – Je le pense vraiment : mon coquin de frère a bien de la chance.

 – Jaloux ?

 – Très peu, mais tellement heureux pour vous !

   Il était sûr qu’Ada ne l’avait pas cru, qu’elle pensait que la Camélia dont il lui parlait était une idylle sérieuse qui envahissait ses pensées : Julien était amoureux.

   Il aperçut la femme sortir par le portail, Nathalie venait de finir sa leçon, mais, comme toujours, elle rangeait ses affaires avant d’aller à la piscine. Il regarda sa nièce descen­dre les escaliers, habillée de son innocente nudité, magnifique comme une déesse. Elle ne l’avait pas encore vu et, par res­pect pour elle, Julien détourna la tête pour ne pas regarder sa belle féminité.

 – Ah ! Julien ! Tu es rentré ?

 Elle se précipita sur lui pour l’embrasser.

 – Me raconteras-tu ?

 – Tu pourrais mettre une culotte, lui dit Ada.

 – Allez ! Mon oncle a déjà vu les fesses de tant de personnes !

 – Laissez, cela ne me gêne pas.

 – Viens-tu à la piscine ? Romain fait des progrès, tu devrais voir ça.

 – Demain, je suis fatigué.

 – Dis, Nathalie, veux-tu jouer pour ton oncle ce soir ?

 – Je peux ? Je peux chanter aussi ?

 – Si tu veux, ton père n’est pas là.

...

 





27/03/2013

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