Mots en liberté

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À CORPS PERDU

À CORPS PERDU

Roman

auteur : Alain MARTY

ISBN : 978-2-919484-19-5

 

A corps perdu affiche page 1.jpg

Prix de vente : 15 €

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Résumé :

Elle était heureuse la petite gardienne de chèvres berbères dans son village haut perché de l’Atlas marocain. Et puis l’étranger est arrivé alors ce jour-là sa vie a basculé.

 

Pour être près de lui, elle sera prête à tout sacrifier, même son honneur, et peut-être sa vie.

 

Vivez avec elle la conquête du Tamazgha, auprès d’un homme aux pouvoirs étranges, qui peut séduire toutes les femmes qu’il veut, mais qui conduit aussi ses légions de la Mauritanie au Soudan, et bien plus loin encore…

 

Extraits : 

11

 

Fondation

 

 

 

 

Béni soit Celui qui efface, les noms, prénoms, fonctions et qualités, pour faire de nos visages de purs miroirs où se reflète Sa face. (Prière soufie)

 

Tout a commencé quand Sara est venue me dire que j’allais avoir des nouvelles. J’attendais un courrier ; mais non, ce sont les colporteurs qui viennent au village pour donner des nouvelles, des rumeurs, disant qu’à Casablanca, il se passerait des « choses » bizarres ; les jeunes des quartiers pauvres construiraient des maisons gratuitement. Personne ne l’a cru, mais quand ils ont dit que c’était un homme inconnu qui les dirigerait et qu’ils le suivraient parce qu’il aurait un grand pouvoir et obtiendrait des aides du gouvernement, alors j’ai compris : cet homme ne pouvait être que Raf.

Je me suis entraînée pour devenir plus forte encore, plus adroite, plus résistante, et je n’étais pas la seule, d’autres filles venaient avec moi ainsi que de nombreux garçons. Chaque fois que l’un d'eux me serrait un peu trop près, je le rabrouais et me dérobais, au grand désespoir de ma mère qui disait que j’avais déjà dépassé l’âge où on se marie. Heureusement, mon père me soutenait ; ce n’était plus pareil, j’étais un peu son garçon manqué. Il ne disait rien non plus quand je restais très tard auprès de Sara, espérant un Oracle qui ne venait pas. C’était sans importance d’ailleurs, j’étais devenue son amie et moi aussi, un jour, j’ai posé ma main sur sa joue. Depuis, je la prends souvent dans mes bras bien qu’elle soit plus âgée que moi, mais je suis la plus forte, la protectrice.

Une camionnette est arrivée un jour avec des jeunes qui venaient pour des inscriptions. Tous peuvent s’inscrire quel que soit leur âge, mais, ils ne seront appelés qu’en fonction des disponibilités. Après trois mois de stage, si on le souhaite, on peut s’engager pour cinq ans, comme à l’armée, avec une formation dans le métier choisi, sous réserve de disponibilité, logement, vêtements et nourriture fournis, mais pas de salaire.

— Vas-y, c’est Raf qui t’appelle, m’a dit Sara.

Ma mère a dit non. Mon père a dit oui. Je me suis inscrite sur les formulaires, avec cinq filles et onze garçons. Beaucoup d’autres auraient bien voulu, mais les parents s’y sont opposés ; ils étaient inquiets de les voir partir. Dix jours après, un courrier de confirmation est arrivé avec un en-tête inconnu : Fondation-Maroc.

Avec deux garçons du village d’en haut, je suis la seule fille du village qui soit acceptée pour l’instant, mais il faut attendre encore. Il a fallu patienter deux longs mois, et un courrier est enfin arrivé nous signifiant d’être prêts pour la semaine suivante, sans bagages, juste le minimum pour la route. Je m’en souviens comme si c’était ce matin…



03/01/2016

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